dimanche 21 novembre 2010

Jaipur - j3

Lorsqu'on a dit aux gens qu'on connaît à Delhi qu'on allait à Jaipur, tous nous ont dit "il faut que vous alliez à Amber Fort!"; et comme nous avons encore 2 jours à passer ici, on ne peut pas ne pas y aller.

Amber est une ville située à 11 km de Jaipur, ancienne citadelle du clan des Kacchwaha construite au début du XVI°.

La route est agréable. On aperçoit rapidement le fort au loin, contrairement à ce que nous avait prédit le Routard le lac n'est pas à sec, ce qui nous vaudra de belles photos.
Il y a beaucoup de monde, des indiens surtout. Les blancs ne sont pas difficiles à repérer: ils sont à dos d'éléphants! Ce sont des animaux vraiment impressionnants, ça fait bizarre d'en voir en vrai, je veux dire, autre part que dans un zoo - cela dit ils seraient peut-être mieux traités dans un parc animalier. En haut de la rampe, 2 imposantes statues de lion nous accueillent. C'est impressionnant. On file chercher nos tickets pour rentrer dans le palais; 25Rs au lieu de 150, et sans avoir à négocier pendant 3h! On devient bons.

vue de la route sur Amber

             
    

                                    






chambre d'hiver - où les milliers de miroirs reflétaient la lumière et les lampes à huiles chauffaient la pièce

sukha mandir (fontaine)




Enceinte qui donne sur la cour principale -
dentelle de marbre blanc pour que les Maharani puissent voir sans être vues






On redescend vers Jaipur et nous arrêtons pour observer le Jal Mahal (littéralement le Palais de l'eau), situé au milieu du lac de Man Sagar. 
A l'origine, vers 1596 sévissait une grande famine dans la région, les dirigeants d'Ajmer ont donc fait construire un digue pour retenir l'eau; servant par la suite à irriguer les terres cultivalbes. Une restauration et un élargissement du palais (de style rajput et mongol) seront conduits au XVIII° sous le règne de Jai Singh II de Amer.
Le temps passant, la révolution industrielle et l'urbanisation ont elles aussi laissé trace de leur passage.  Les égouts de la ville se déversaient directement dans le lac, entraînant la disparition progressive de la faune et de la flore, ainsi que la détérioration de la base du palais [comme quoi le progrès n'a pas que du bon]. Le Palais est inhabité, et en 2001 plusieurs autorités indiennes ont décidés d'enrayer les dommages causés par la pollution. Pour plus d'info, merci de consulter Wiki: Jal Mahal.

donc ça c'est la petit photo pour dire "on y était"
et ça c'est le fameux Palais
Notre chauffeur nous emmène ensuite visiter un atelier de teinture et de confection de patchwork (vous savez les gros bouts de tissus avec des mirroirs, des perles, des broderies et tout et tout). On rentre dans l'atelier, un mec en jean chemise nous accueille (on l'appellera FG1 - pour "fake guide #1), 5 autres assis paresseusement dans le fond ne daignent même pas lever la tête. FG1 nous explique que c'est ici qu'on teint les tissus, que malheureusement aujourd'hui c'est dimanche et que du coup il n'y a pas d'activité et qu'on ne pourra pas voir les ouvriers travailler sur un patchwork. Il nous montre un énorme table qui fait toute la taille de l'atelier en nous disant que c'est là qu'il pose le coton blanc avant de l'imprimer. Ensuite il nous montre les bacs où sont crées les teintes. Il sort un bout de tissus blanc et nous fait une démonstration: un grand tampon pour le dessin général, et ensuite plein de petits tampons pour colorier à l'intérieur. Une fois fini, on plonge dans de l'eau salée, puis on rince et on fait sécher au soleil pour que les pigments se fixent aux fibres de coton et que les couleurs ne partent pas. Je vois pas pourquoi il veut absolument nous faire croire que il fait encore comme ça dans son petit atelier, mais bon, c'est intéressant. Et puis j'ai eu le droit de garder mon éléphant!

le tampon pour imprimer le motif














les petits tampons pour colorier



 
un petit bain, et voilà le résultat!
FG1 nous emmène ensuite dans un atelier de tissage. On rentre et là il nous sort un truc du genre "désolé mais comme je vous l'ai déjà dit c'est dimanche et personne ne travaille aujourd'hui" - tu sais monsieur on se doute bien que ce tapis personne n'y a touché depuis des années et que tu es là pour nous faire visiter ton magasin... cela dit c'est intéressant de voir comment les motifs sont crées.



Les pashminas que vend FG1 sont (je trouve) trop moches, et chères en plus, les souvenirs ne seront pas achetés ici. On repart les mains vides. 
Nous nous rendons ensuite sous l'insistance de notre chauffeur dans un atelier de bijoux où vous vous doutez FG2 (comprendre "fake guide 2") nous attends. Il nous explique que tous les bijoux d'Inde sont fait à Jaipur, que tout ce qu'il nous montrera dans sont magasin est fait main, dans la pure tradition familiale... Il nous présente des "rubis" (je mets des guillemets car je ne suis pas convaincue que ça en soit, mais bon) et nous explique que les pierres pour être polies puis taillées sont fixée à des bâtonnets. grâce a de la résine. Comme un accord tacite, je rentre dans le magasin, et je demande à voir les bracelets.. FG2 me répète que tout est fait main, me monte 2-3 modèles que je n'aime pas, et là il me sort 2 sacs plastiques entiers de bracelets en métal en me jurant que c'est de l'argent et que c'est fait à la main. C'est tellement grossier comme mensonge ça en est énervant; je sortirai en esquissant un petit sourire, mais rien de plus.

les bâtonnets aux rubis



Je demande ensuite à aller acheter des épices et du thé, on s'arrête dans une boutique où le thé est hors de prix, et j'ai vu le même à Dilli Haat Market moins cher. Désolé monsieur, je ne suis pas une touriste, je sais parfois repérer les prix abusifs! Le chauffeur nous propose donc d'aller voir son pote. En route je prend quelques photos, histoire d'illustrer nos impressions...







oh! une maison rose

les restes des festivités de Diwali

Le marchand était très sympa. Il a était très patient, surtout avec moi qui cherchait du thé pour ma petite Mamie (parce que elle boit du thé le matin, nature, donc il me fallait du très bon thé, mais bon , je ne suis pas une experte alors ça a été difficile de choisir), bref, tout ça pour dire qu'on y a passé du temps et que le vendeur était tellement cool qu'il nous a fait passer derrière le comptoir pour vendre ses épices. C'était rigolo.



ah les touristes!
Allez hop on reprend la route...





Le hic, c'est que le chauffeur de rickshaw voulait nous ramener à notre guest house! Apparemment quand ce matin j'ai négocié 400Rs la journée en demandant de faire tous les sites à voir et qu'il m'a répondu "Everything, Amber Fort, Water Palace, factories, camels..." il voulait dire ce que lui voulait bien nous montrer et pas là nous on voulait aller. Bref, un peu énervée je paye et on s'en va direction le Albert Hall Museum.

c'est moiiiiii


Pour une fois je vous fais grâce du point culturel, tout est indiqué sur le panneau (désolée pour ceux qui ne sont pas familiers avec la langue de Shakespear).

Sachez quand-même que le musée regroupe des objets hétéroclites de divers lieux et époques: petits marbres, tissusn porcelaine de chine, amphores grecques (dont l'authenticité reste à prouver), bijoux, armes blanches, fusils, instruments de musique... Il y a vraiment de tout. Il y avait surtout beaucoup de monde. Nous avons malencontreusement croisé un groupe de collégiennes ultra-excitées à l'idée de voir et de poser avec une blanche, la séance photo à bien duré 15 minutes. Personnellement j'ai été plus éblouie par l'architecture du lieu que par la collection (c'est d'ailleurs l'avis du Routard).
sous les arcades qui entourent la cour intérieure, aux plafonds sont gravés des petits poèmes














Albert Hall Museum
Avec Matthieu on voulait visiter le zoo - non j'avoue c'est mon idée, et j'étais la seule à avoir envie - mais au moment où j'achetais les billets (à 17h23 pour être précis), Matthieu s'est aperçu que le zoo fermait à 17h30; et puis le guichetier voulait que je paye le prix touriste étranger, alors on a laissé tomber. Direction le Hawal Mahal, aussi connu sous le nom de Palais des Vents. Fermé lui aussi, la visite se fera le lendemain.


Sur le chemin du retour, j'entend de la musique qui semble provenir du fond d'une courée. Curieuse je décide d'aller voir de plus près. Et là je vois quelques musiciens entrain de jouer avec entrain et quelques autres qui dansent. La musique est entraînante, et je me mets à taper du pied. Deux indiens nous font danser, on rigole, on discute un peu, on re-danse; Matthieu reçoit un énorme bisous moustachu dans le coup [désolée d'avoir balancé mais c'était tellement drôle!] et moi j'évite le french kiss de justesse pour finalement avoir un bisous sur la joue. Et on re-danse les bras en l'air. Ils sont contents, et nous aussi...




Je trouve ce pays étonnant, vraiment; dans la même journée je me suis fais arnaquer par le chauffeur de rickshaw, ce qui est pour moi d'autant plus frustrant que je ne suis plus une touriste, on a pas pu visiter le Palais car les potes ferment à 4h, je me suis fait photographier comme une rock star, je me suis fais mater comme un bout de viande, et je me suis fait inviter à danser par des inconnus qui voulait qu'on passe la soirée entière avec eux. Et c'est pour ça qu'en permanence j'aime et de déteste à la fois ce pays, en quelques secondes, quelques mètres, toutes mes impressions et ressentis sont bouleversés pour prendre une direction diamétralement opposée. C'est fascinant.

Fin de la journée, on rentre à la guest house. Sur le retour, si on observe bien (ce qui est parfois difficile car quand on marche dans la rue sans regarder on s'expose aux véhicules et aux bouses de vache), on peut voir les restes architecturaux d'un riche passé...



lundi 15 novembre 2010

Jaipur - j2

Les crackers cette nuit ne nous ont pas empêché de dormir. Réveil vers 11h, on écoute un peu de musique avant d'aller "augmenter notre taux de caféine" comme dirait Matthieu. Je commande une crêpe chocolat-banane, mais il n'y a rien à faire, ici ils ne savent pas les faire les crêpes.
Au programme de la journée: le parc, le musée, le City Palace, l'observatoire. Problème aujourd'hui, lendemain de Diwali, tout est fermé! Tant pis, ça sera balade au hasard des rues.

pause devant un "jewel emporium"
la façade est richement décorée et colorée

Albert Hall Museum
Albert Hall Museum
Sanganeri Pol






On longe Johari Bazar à l'intérieur de la Pink City. La route est longue et pénible. Piétons, vélos-rickshaws, auto-rickshaws, voitures, motos, et véhicules motorisés en tout genre se font la guerre. Des pré-pubères en chaleur me lancent des propos obscènes (que je ne répéterai pas ici). Des enfants qui s'accrochent à notre bras en suppliant "khana, khana" (qui signifie manger en hindi). Des boutiquiers qui tente de nous vendre leurs babioles à grand coup "Come Ma'am, looking is free". Et nous au milieu de tout ça on tente de survivre en essayant de ne pas se faire écraser et en évitant les bouses de vaches. Malgré tout, on voit de jolies choses.







publicités pour des bijoutiers, nombreux à Jaipur
Tripolia Gate



















Nous ne sommes pas très loin du City Palace, il ya beaucoup de monde. Une petite fille par-terre me désigne un panier - et c'est dans des moments comme celui qui va suivre que je me trouve parfois trop currieuse - et dans ce panier donc, qu'est-ce que je vois, oh un cobra... première crise de nerf!
Quelques minutes plus tard, au détour d'une autre ruelle, devant l'entrée d'un temple, un charmeur, cobra au bras. Je tente de me raisonner, mais l'homme lève son bras et le serpent se redresse... deuxième crise de nerf.  Celle-ci durera 20 bonne minutes. J'ai honte.
De ce fait, nous n'irons pas au City Palace. On retourne donc sur M.I Road pour manger. On rentre dans le premier restaurant qu'on aperçoit, dans une ruelle à gauche de la rue principale, le nome m'a échappé mais il y avait "grill" dedans, et qui dit grill dit viande! On s'installe, personne, c'est calme, ça fait du bien. Je mange un "Afghani chicken" (poulet mariné dans un mélange de gingembre, de pâte de noix de cajou et autres épices puis cuit dans un tandoor) pour la première fois. C'est pas mal du tout. Si vous avez l'occasion d'essayer un jour.
La nuit tombe, on se ballade encore un peu mais on fatigue. Un vieux monsieur nous aborde pour nous proposer son aide, on refuse poliment, il nous suit, en nous montrant les établissements un par un: "là il y a un hôtel, là une guest house, là un restaurant, là un hôtel"... ok monsieur on a compris, mais sincèrement nous savons où nous allons, nous n'avons ni le besoin, ni l'envie d'un guide. Le même scénario durera 15 bonnes minutes, on a essayé de l'ignoré mais il revenait à la charge. Il se décide à partir mais avant me réclame de l'argent pour le service: s'en est trop. Je lui crie dessus en français qu'il abuse, qu'on voulait juste se faire une balade tranquilles, et que non, je donnerai pas d'argent. Il aura sûrement payé pour tous ceux qui nous ont embêtés aujourd'hui mais à ma décharge je l'avais prévenu.
De retour à Chitra Katha (notre guest house), c'est la douche et lecture dans le petit jardin. Bonheur.

Ce soir on mange au Peacok Restaurant, sur le toît du Pearl Palace, l'hôtel juste en face de notre GH. Restaurant chaudement recommandé par le Guide Du Routard dans lequel on peut lire: "Dans l'assiette, des plats indiens, chinois et continentaux bien ficelés [...] Une adresse pas chère que l'on apprécie aussi pour la gentillesse des patrons".
On arrive, pas de place alors que l'après-midi même on m'avait dit que non je n'avais pas besoin  de réserver une table. Je vais faire un tour dans la boutique située au fond du restaurant (très malin, on te fait attendre ta table en t'amenant dans la boutique). On s'installe, commande une bière. Un serveur nous demande si quelqu'un d'autre peut manger à notre table (alors qu'à 2m de nous une table de 2 se libérait bientôt vu qu'ils étaient debout entrain de se rhabiller - mais il faut rentabiliser n'est-ce pas, un autre couple pourrait venir). Nous dînerons donc avec un hollandais qui murmure plus qu'il ne parle mais il était fort sympathique. Bref, on mange on discute. On te balance les plats sur la table, sans rien te dire, heureusement qu'on fait la différence entre du butter chicken et du chicken tikka! Arrive mon plat de "spaghetti aux tomates fraîches, fromage, ail et basilic", l'angoisse: ça ressemble à du vermicelle au ketchup. Matthieu a commandé un thali: malgré les lentilles qui ne sont pas extras, le reste est vraiment très bon. Je demande de l'eau en carafe, on m'apporte une bouteille; et comme la dernière fois qu'on m'a fait le coup je me suis retrouvée à payer 135Rs une bouteille d'eau - soit 10 fois le prix, sans les taxes! - je demande qu'il la reprenne car je veux de l'eau filtrée, on me répond sèchement que c'est impossible, de ce fait j'explique qu'on ne la prendra pas. De toute façon on a pas de verres. Arrive l'addition: oh, elle est commune. Pas de détails sur qui a pris quoi. J'explique au patron qu'on ne connaît pas le monsieur, qu'on nous l'a imposé lors d'un dîner en amoureux, qu"on a était plutôt complaisants mais que la bill commune c'était pas normal. Je demande donc une bill détaillée et séparée, et là le mec me regarde en me disant d'un ton hautain (mais avec accent pourri!) que c'est "absolument impossible". Vlan pour moi. Genre démerde-toi et fait pas chier! Je trouve ça vraiment fort de café et rustre. Bref, une bonne note pour le riz et le butter chicken, mais si vous cherchez un petit restau sympa, il y a beaucoup mieux à Jaipur.