jeudi 27 janvier 2011

Varanasi - j1

A peine rentrés de Delhi que me voilà déjà repartie à l'aventure, et non des moindre car c'est à Varanasi que je vais.

Pour la petite histoire, Varanasi (également appelée Kashi ou encore Bénarès) est une des 7 villes sacrées de l'hindouisme. Son nom vient de 2 rivières: Varuna et Asi; elle est mentionnée dans le Mahabharata et le Ramayana, c'est une des plus ancienne citée au monde. Située dans l'Uttar Pradesh, elle s'étale sur les rives est du Gange, face au levant.
Pour les hindous, se faire incinérer à Varanasi c'est se purifier par le feu et ainsi interrompre le cycle des réincarnations (samsara) et aller tout droit au nirvâna hindou (le moksha). De ce fait, beaucoup de pèlerins se rendent là-bas depuis des centaines d'années.
L'incinération doit suivre un rituel bien précis et je m'en vais vous comter quelques étapes essentielles [sans rentrer dans les détails car je ne suis pas une spécialiste de la religion hindoue, parce que je ne suis pas sûre de comprendre tous les gestes et leur implications, qui sont quand même vachement complexes, et surtout parce que je n'ai pas envie d'endormir le lecteur!]. Tout d'abord il faut savoir que les femmes ne sont pas admises sur la rive où à lieu la crémation, en effet il fut un temps où être veuve n'était pas toléré et la pauvre femme devait se jeter dans le bûcher de son défunt mari si elle voulait garder son honneur; les mentalités ont évoluées mais les pratiques pas. Les fils du défunt, après s'être fait quasiment rasé la tête (il ne leur reste qu'une petite mèche à l'arrière du crâne)  vont acheté du bois; il y en a plusieurs sortes de qualité et de prix différents, et comme il en faut beaucoup, ça peut atteindre des sommes conséquentes. Une fois le corps du défunt enroulé dans des draps et purifié dans l'eau du Gange, il est placé dans le bûcher où  la famille dépose ensuite du ghee (pour aider à la crémation) et de la poudre de bois de santal (pour l'odeur). Le crâne du mort est brisé avec un bâton de bambou, cela aide l'âme à s'échapper de son enveloppe charnelle. Le corps mettra plus de 3 heures à brûler; parfois la famille n'ayant pas eu assez d'argent pour acheter la quantité nécessaire de bois et seule la moitié du corps brûlera. Les cendres sont jetées dans le Gange. Enfin, les bébés, les femmes enceintes, les victimes de cobra ou de variole, les saddhus et les vaches sont considérés comme purs et donc sont dispensé de cette crémation.


18h de train qui passent assez vite finalement, nous voilà donc arrivés tôt le matin à bon port. La ville est déjà active, sur les ghâts les indiens font leur ablutions malgré le froid et le regard inquisiteur de certains touristes. Beaucoup de rabateurs pour les promenades en barque; mais il est h du matin, avant ça il nous faut un café. Petit-dèj avalé, on part à la recherche d'une guest house. Problème auquel nous n'avions pas pensé: nous sommes le 30 décembre et tout est full. On visite des chambres plus sales les unes que les autres, chères aussi. On atterri à la Sita Guest House (ultra sale et inconfrotable, dur de payer ça 500Rs), une douche et c'est parti pour une longue journée de promenade.
















Les dieux hindous sont peints sur tous les murs de la ville. Beaucoup de représentations de Shiva (le dieu déstructeur- c'est de sa chevelure que serait sorti le Gange).






Beaucoup de rabateurs, de vendeurs à la sauvette; à peine ais-je le dos tourné pour acheter des bracelets en bois de santal que Matthieu est déjà entrain de se faire masser intégralement, là comme ça, à même le trottoir!










En fin de journée, au hasard des ruelles, je voit un panneau "the blue lassi shop" et Matthieu me dit que c'est super connu, du coup on s'y rend. A l'intérieur, que des touristes, effectivement, c'est bien réputé, et après avoir goûté à leur lassi, on a compris pourquoi: ils sont délicieux. Tapteu c'est régalé!


De retour sur le main ghât, on doit passer encore une fois les portillons de sécurité, il y a eu des attentats début décembre et du coup les policiers et militaires sont partout; il y a beaucoup de monde, c'est là qu'à lieu la Ganga Puja (la célébration religieuse du fleuve sacré des hindous).



jeudi 13 janvier 2011

Les Kukus au pays du curry - Agra

Départ de Jaipur ce matin; on est pressé d'arriver à Agra, Maman pour Noël nous offre une nuit dans un palace! Manque de chance l'autoroute (si tant est qu'on puisse appeler ça comme ça) entre Jaipur et Agra est fermée aujourd'hui; de ce fait on se tape 70 bornes de détour dans les petites routes, la plus part sont très abîmées et on est secoués comme des Orangina [sinon la pulpe elle reste en bas]. Enervement de tous, la tension se reporte sur le chauffeur qui en prend pour son grade. Malgré tout on voit l'Inde différement en passant par les petits villages.















 On arrive à Agra au bout de 6h30 (au lieu des 4 heures annoncées). Heureusement, l'hôtel est magnifique, l'accueil est courtois et agréable. Et coup de chance, ils nous "upgrade" et nous donnent des suites de rêve! Elles sont très spacieuses, bien décorées, meublées, robinetterie d'époque et tout le tralala; le rêve quoi.
oh, un lit de Princesse!

On mange un morceau, on rentre, on échange des cadeaux (Maman nous a offert des pachemines superbes) et on boit du champagne. Fatigués, on va se lover dans nos lits à baldaquin rapidement, demain on se lève tôt.





comme d'hab: impossible d'avoir une photo où tout le monde est bien

En effet, lever 5h30 pour avoir nos tickets d'entrée rapidement et voir le soleil poser ses premiers rayons sur le marbre blanc du tombeau de l'amour.
Quand le réveil a sonné ce matin, je me suis dit que ça ne devait pas être si beau que cela, que tout le monde en fait des tonnes pour rien, que j'aurais l'occasion d'y retourner, et que donc du coup je pourrais dormir encore un peu. J'aurai eu tort de ne pas me lever. Dans la brume matinale on distingue à peine le Tah Mahal, il est d'une blancheur diaphane; puis au fur et à mesure il prend des teintes rosées, bleutées, ocres... C'est vraiment magnifique.









Et Juliette vous dit Namasté!

Malgré tout on voit qu’on est en Inde. Des tickets d’entrée (indiens car ils sont différents des tickets touristes), des paquets de chips et autres détritus en tout genre sont abandonnés dans les bassins, buissons et jardin. Dommage.

Cependant, on en a pris plein les yeux, il y avait peu de monde et on a donc pu bien profiter du spectacle; c’était une matinée mémorable.







Retour à Delhi en milieu d'après-midi. Petit tout par Cozy Travels pour râler un peu sur la qualité du service et obtention d'une ristourne. Puis Pahar Ganj pour acheter quelques bijoux, étoles et sacs.

Le lendemain ça sera Dilli Haat Market (pour acheter le reste des souvenirs), INA Market (pour les épices), Qtûb Minar et le soir Lodi Garden Restaurant pour finir en beauté ce périple au pays du curry. Demain mes parents et mes soeurs retourneront au pays de la blanquette de veau et de la poule-au-pot.

mercredi 5 janvier 2011

Les Kukus au pays du curry - Udaipur (3)

Le petit-dèj avalé, on file faire une balade sur le lac Pichola et visiter le Jag Niwas Palace.

Palais de marbre blanc aussi connu sous le nom de Lake Palace, il fut construit en 1734 sous les ordres de Jagat Singh II (qui était un peu frustré parce que son papa, le maharana Sagram Singh II, n'avait pas voulu faire construire une extension du palais existant, le Jag Mandir, pour que son fils puisse avoir ses propres quartiers - du coup ce gosse de riche s'est carrément fait construire un autre palais. Trop dure la vie d'un fils de maharadja!).

La croisière s'amuse donc sur le Pichola Lake: l'ambiance est bonne enfant, il fait chaud, le soleil est au rendez-vous et la bonne humeur de tous aussi. La balade est agréable, c'est vraiment beau, et puis c'est calme.
























Fin de la balade. On doit rejoindre Jaipur, ce n'était pas prévu mais il faut s'arrêter là car udaipur/Agra en voiture serait un trop long voyage.

On arrive à Jaipur, plutôt tard, la route a été pénible, le chauffeur n'en fait qu'à sa tête, s'arrête quand il veut où lui veux, ne dépassant pas les 80 km/h quand il n'y a personne mais roulant à 100 dans les "bouchons", bref, fatigués et à cran on arrive à Jaipur. Ah, oui, encore une ultime épreuve: comme d'hab: le chauffeur ne sait pas où se trouve l'hôtel. Heureusement le Meghniwas Hotel est spacieux, confortable, l'accueil est charmant, le staff poli et efficace! ça change. Et puis il y a une baignoire et une vraie couette, que demander de plus! Un bon petit repas en famille et hop, une douche (oui parce qu'il n'y a rien pour empêcher l'eau de la baignoire de s'évacuer, rendant ainsi la baignoire inutilisable), et un bon gros dodo!